19 Déc décembre 2017

Mission : service public

Désormais, les membres du Conseil Consultatif des Programmes ont la parole sur le blog. Ils partagent leurs coups de cœur, leurs coups de gueule mais aussi leur expérience au sein du CCP ou encore une actualité liée à l’audiovisuel qui aurait particulièrement attiré leur attention. Marie-Caroline, membre du 9e CCP, a choisi de partager son expérience dans un quotidien régional ; Les DNA (Dernières Nouvelles d’Alsace). Elle nous livre aujourd’hui ses motivations et son parcours au sein du CCP.

Nous sommes un mercredi soir de décembre. Je suis au calme, seule à la maison. Un peu grippée, je m’autorise à ne rien faire et à allumer la télévision.

Dans mon zapping à cet horaire d’ouverture des « prime time », je suis interloquée par les programmes des plus grandes chaînes : là on danse, et là, on chante. Ça brille, ça s’agite, c’est plus fort que chez le concurrent, c’est un tourbillon de lumières, de sons, de gestes et de musiques qui inondent tous les sens. C’est comme une euphorie synthétique. L’esprit est sonné par cette déferlante d’extravagance, puis docile, il se laisse facilement porter…

Après des années loin de ce genre de programmes, je sors violemment de ma détox « temps-de-cerveau-disponible » et réalise que c’est de ça dont tout le monde parle… Le fait est que de nombreuses personnes consacrent des heures de leur vie à suivre ces programmes.
Des heures, chaque semaine, chaque jour. Des programmes denses, hyperactifs, où l’apparence est la valeur prioritaire, mais qui habillent du vide. Des émissions qui sont à la réflexion ce qu’est le Mc Do à l’alimentation.

Les téléspectateurs méritent d’être maîtres de leur temps libre, et doivent rencontrer une offre médiatique permettant de se remplir la tête plutôt que de la vider. Il n’y a pas assez d’une vie pour apprendre tout ce qui nous entoure, tout ce qui s’écrit, tout ce qui se pense, tout ce qui se passe…

Les programmes les plus regardés nourrissent les yeux en affamant l’esprit. Comment apprécier et réfléchir dans le bruit et la fureur ? Comment former un esprit critique citoyen sans décryptage ni informations pertinentes sur le monde ? Comment développer la tolérance sans représenter la diversité des Français ? Comment cultiver son imagination, sa capacité à s’émouvoir et à s’exprimer sans contact avec les artistes, ceux qui nous transmettent des histoires enrichissantes en éveillant notre vocabulaire ? Pour moi, c’est la démocratie qui est en jeu.

C’est pourquoi, quand un journaliste de ma région m’a demandé ce qui m’avait motivée à candidater pour devenir membre du CCP, j’ai osé citer Malraux : « Il existe une télévision pour passer le temps, et une pour comprendre le temps. » Car dans cette phrase, tout est dit.

Article sur le parcours de Marie-Caroline au sein du CCP dans le quotidien régional les DNA.

Le temps d’une vie, c’est court. Je ne veux pas m’en débarrasser au plus vite comme d’un rhume gênant, en regardant des gens s’époumoner ou s’agiter pour obtenir de l’attention et de l’argent. Je ne veux pas anesthésier mon esprit parce que la vie n’est pas facile. Non, maintenant je veux découvrir, m’émerveiller, m’informer vraiment, utiliser l’écran comme une fenêtre sur le monde et la connaissance. Je ne veux pas donner mon précieux temps à des chaînes qui ne s’intéressent pas à leurs téléspectateurs sur un plan humain, mais seulement financier.

C’est pourquoi j’estime que France Télévisions doit être défendue et soutenue dans sa mission de service public. Je n’aime pas tous les programmes proposés, mais tous à leur manière, certains avec une plus grande évidence, nivellent par le haut. Je suis fière que cela soit le cas et reconnaissante de pouvoir être entendue dans ce sens, rencontrer et échanger avec des téléspectateurs qui partagent mon envie. Le CCP illustre le fait que le groupe Ftv est à l’écoute de ses téléspectateurs. C’est une relation et non un gavage.

Au fil des échanges sur le forum privé, en chat live ou en présentiel au siège, je me sens vraiment entendue, chanceuse de découvrir les coulisses et acteurs de la télévision publique et de vivre une aventure humaine emplie de belles rencontres et bonne humeur. Et enfin, je me sens responsable d’en faire quelque chose, de communiquer mon ressenti, de faire connaître le CCP, et de respecter mon engagement à visionner, suivre, critiquer les contenus et préparer les réunions.

L’aventure ne dure qu’un an, je sais déjà que ça passera vite et qu’on en ressortira nécessairement changés, enrichis. Elle reprendra l’année suivante et celles d’après, avec de nouveaux téléspectateurs de Ftv, aussi investis et passionnés que notre promo 2017. Et pour cela, il faut défendre le service public. Dans une démocratie, ce n’est pas une mission impossible, mais une mission imparable.

 

 

 

 

Marie-Caroline

Membre du 9e CCP – Promotion Elise Lucet